Un projet de recherche mené par l’Institut des Politiques Publiques (IPP), en réponse à l’appel à projets « Suivi quantitatif du recours au Contrat d’engagement jeune (CEJ) » lancé par la Dares en 2023, met en lumière des résultats encourageants sur les trajectoires professionnelles des jeunes bénéficiaires.
Déployé en mars 2022, le Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) constitue aujourd’hui l’un des principaux dispositifs d’accompagnement intensif vers l’emploi des jeunes éloignés du marché du travail.

Une étude récente menée à partir des données de gestion de France Travail et des Missions Locales analyse ses effets concrets sur les trajectoires professionnelles des bénéficiaires, en le comparant à la Garantie jeunes, qu’il a remplacée.

Les résultats apportent des éléments solides sur l’efficacité du dispositif.

Une méthodologie comparative rigoureuse

Pour mesurer l’impact du CEJ, les chercheurs ont comparé deux groupes aux profils proches :

  • Des jeunes entrés en Garantie jeunes en janvier–février 2022 (fin du dispositif),
  • Des jeunes ayant intégré le CEJ en mars–avril 2022, au moment de son déploiement.

L’analyse porte sur des jeunes inscrits en Mission Locale le mois de leur entrée dans le programme, afin d’observer des situations comparables en termes de caractéristiques socio-démographiques et de position sur le marché du travail.

La méthode repose sur l’hypothèse des « tendances parallèles » : en l’absence du CEJ, les trajectoires professionnelles des deux groupes auraient évolué de manière similaire.

Impact & chiffres clés

Profil à l’entrée dans le dispositif

  • 15 % de jours travaillés en moyenne au moment de l’entrée en CEJ

Durée moyenne du dispositif

  • 6 mois pour le CEJ
  • 12 mois environ pour la Garantie jeunes

Dynamique d’insertion

  • Progression plus rapide de la part de jours travaillés à partir du 6ᵉ mois pour les bénéficiaires du CEJ
  • Convergence des trajectoires CEJ / Garantie jeunes après le 10ᵉ mois

Accès à des solutions structurantes

  • +8 points de probabilité de bénéficier d’une solution structurante pour les jeunes ayant le moins travaillé avant l’entrée dans le dispositif

Formation et emploi durable

  • 18,7 % des jeunes ayant bénéficié d’une formation pendant le CEJ occupent un emploi salarié durable dès la sortie du dispositif

Une insertion plus rapide à court terme

L’étude montre que la part de jours travaillés progresse plus rapidement pour les jeunes en CEJ à partir du 6ᵉ mois. Cette accélération correspond à la fin moyenne du dispositif, qui dure environ six mois.

À l’inverse, la Garantie jeunes, plus longue (environ douze mois), génère un effet dit de « lock-in » : les bénéficiaires restent engagés dans le programme, ce qui peut retarder temporairement leur entrée en emploi salarié.

Après le 10ᵉ mois, les trajectoires des deux dispositifs tendent à converger. Le CEJ favorise donc une dynamique d’insertion plus rapide, sans effet négatif observé à moyen terme.

Le rôle central des solutions structurantes

L’étude met en évidence l’importance des solutions dites « structurantes » : formations qualifiantes, accès à l’emploi durable ou dispositifs certifiants.

La formation apparaît comme un levier déterminant : près d’un jeune sur cinq ayant bénéficié d’une formation pendant le CEJ accède à un emploi salarié durable dès la sortie du dispositif.

Par ailleurs, les jeunes les plus éloignés de l’emploi avant leur entrée dans le programme ont une probabilité plus élevée de bénéficier d’un accompagnement structurant. Ce ciblage renforce l’efficacité du dispositif auprès des publics les plus fragilisés.

Enseignements pour les acteurs de l’insertion

Plusieurs conclusions se dégagent :

  • L’intensité et la structuration de l’accompagnement produisent des effets rapides.
  • La mobilisation précoce vers l’emploi ou la formation est déterminante.
  • L’articulation entre suivi individualisé et solutions concrètes sécurise les parcours.

Dans un contexte où l’accès à l’emploi des jeunes demeure un enjeu majeur, cette étude confirme l’importance d’un accompagnement exigeant, personnalisé et orienté vers des résultats concrets.

Le CEJ s’inscrit ainsi comme un dispositif structurant capable d’accélérer l’insertion professionnelle tout en renforçant les trajectoires des jeunes les plus éloignés du marché du travail.

L’action de PAJE : proximité, intensité, solutions concrètes

Sur le territoire, PAJE déploie des actions pleinement alignées avec les facteurs de réussite identifiés par l’étude.

1. Aller vers les jeunes les plus éloignés

L’étude montre que les jeunes les plus fragilisés bénéficient particulièrement d’un accompagnement structuré.
À travers ses équipes mobiles, ses actions de repérage et ses partenariats avec les Missions Locales et les acteurs sociaux, PAJE intervient précisément auprès de ces publics éloignés des institutions et du bassin d’emploi.

La logique d’« aller vers » constitue un levier déterminant pour capter, remobiliser et sécuriser les parcours.

2. Un accompagnement intensif et individualisé

Le CEJ repose sur un suivi renforcé.
Les équipes de PAJE mettent en œuvre un accompagnement global intégrant :

  • Diagnostic social approfondi
  • Levée des freins périphériques (mobilité, logement, santé, accès aux droits)
  • Ateliers collectifs (budget, santé, préparation à l’entretien)
  • Suivi individualisé régulier

Cette intensité d’accompagnement permet de créer un cadre structurant, condition essentielle à la progression vers l’emploi.

3. La formation comme levier d’emploi durable

L’étude met en évidence le rôle central des solutions structurantes, notamment la formation, dans l’accès à l’emploi durable.

En lien avec les partenaires de formation et les acteurs économiques du territoire, PAJE favorise l’orientation vers des parcours qualifiants, des immersions professionnelles et des mises en situation concrètes.

L’objectif : transformer une dynamique d’accompagnement en opportunité réelle d’insertion durable.

Un engagement territorial au service des trajectoires

Les résultats nationaux confirment que l’intensité, la rapidité de mise en action et l’accès à des solutions concrètes sont déterminants.

Sur le terrain, PAJE agit dans cette logique :

  • Repérage actif des jeunes éloignés
  • Présence de proximité
  • Coordination étroite avec les partenaires institutionnels et économiques
  • Accompagnement global et individualisé

Au-delà des chiffres, ce sont des trajectoires qui évoluent : des jeunes qui reprennent confiance, accèdent à une formation, décrochent un emploi, construisent un projet.

Consolider et amplifier l’impact

Dans un contexte où l’insertion des jeunes demeure un enjeu social majeur, l’étude sur l’impact du CEJ vient conforter les orientations stratégiques mises en œuvre par PAJE : agir tôt, agir fort, agir au plus près des besoins.

En articulant accompagnement social, mobilisation vers la formation et mise en relation avec les employeurs, PAJE contribue activement à sécuriser les parcours et à renforcer l’employabilité des jeunes sur le territoire.